Documents

Alcool et violence domestique

Avec la publication de l’étude « Violence dans le couple et alcool », menée sur mandat de l’office fédéral de la santé publique, il existe désormais pour la première fois en Suisse une recherche sur ce thème interdisciplinaire. Les résultats de cette étude nous ont conduits à développer une méthode et une offre de détection précoce de la problématique alcool et violence domestique et de la mettre en œuvre dans les milieux spécialisés. Ce projet est soutenu par le programme national alcool de l’office fédéral de la santé publique.

Mise en œuvre : nationale
Période : été 2014 – printemps 2016
Notre vision :
Les personnes concernées par la double problématique violence domestique et consommation d’alcool problématique, ainsi que leur entourage, obtiennent un soutien compétent, adéquat et complet.

Le projet englobe divers aspects présentés ici :

  1. Un manuel pratique pour les consultations en matière de violence, de dépendance et pour les victimes ;
  2. Offres de formations sur le thème de la double problématique dans les consultations ;
  3. Fil conducteur pour le développement de lignes institutionnelles ;
  4. Sensibilisation du grand public, des personnes concernées et du personnel spécialisé.

Que signifie la double problématique dans les consultations ?

Contrairement à l’idée largement répandue, il n’existe aucune causalité scientifiquement prouvée entre la consommation de substance et la violence domestique. En matière de consultation, cela signifie que les deux problématiques doivent être abordées et qu’il ne suffit pas de traiter une problématique pour répondre à une problématique double.

Cela requiert de la part des spécialistes une sensibilité particulière envers la double problématique « alcool et violence domestique » ainsi qu’une étroite collaboration interdisciplinaire avec les autres domaines spécialisés. Enfin, et non des moindres, il faut beaucoup de courage afin d’aborder cette double problématique et pour surmonter les craintes usuelles :

  • de ne pas avoir la bonne réponse à donner ;
  • de ne pas pouvoir gérer les descriptions de violence domestique ou d’abus de substances ;
  • de surcharges de travail en raison de ce thème supplémentaire très lourd ;
  • de réactions émotionnelles violentes ;
  • de perdre l’axe du processus de conseil en raison de ce problème supplémentaire.

Points communs des domaines spécialisés

Malgré la spécialisation des intervenants dans le domaine de la double problématique, le projet se base sur les points communs aux différents domaines d’intervention. La formation des intervenants et leur approche du processus de conseil sont souvent comparables. De plus, tous les intervenants ont le même objectif, soit d’accroître le bien-être et la sécurité des personnes recherchant le conseil et de leur entourage.

Il faut également prendre en compte le fait que la personne cherchant conseil aborde souvent des thèmes similaires dans les deux domaines :

  • sentiment d’isolement, culpabilité, honte, peu d’estime de soi ;
  • déni initial de la problématique et peur de conséquences négatives lors de la recherche de soutien ;
  • peur d’être exclu de la consultation en raison de la double problématique ;
  • déni du problème de mauvaise stratégie de coping ;
  • peur du rejet de la société, des amis ou de la famille ;
  • difficultés à prendre des décisions ;
  • échec des tentatives répétées de modifier le comportement problématique ou de mettre un terme à la relation – parfois également en raison d’obstructions volontaires d’un membre de la famille ou du conjoint ;
  • expériences traumatisantes (en tout cas dans la majorité des cas).

L’étude «  violence domestique et alcool » a montré qu’actuellement il n’existe qu’une collaboration limitée entre les domaines de consultation en matière de violence, de dépendance et pour les victimes. La Croix-Bleue Suisse est pourtant convaincue qu’en raison des nombreux points communs, l’effort à fournir pour changer cela ne devrait pas être trop important et permettre ainsi de pouvoir en faire profiter non seulement les familles concernées, mais également les conseillers et conseillères.

En PDF :

Le projet « alcool et violence domestique dans les consultations » vise par conséquent à promouvoir cette collaboration. Ce projet a ainsi également élaboré des plans d’action concrets pour le quotidien de l’activité de conseil.

1.) Manuel orienté sur la pratique

+

Le manuel est une adaptation du Stella Project Toolkits (2007), qui a vu le jour grâce à une expérience de plusieurs années dans le domaine de la double problématique « substances et violence domestique ».

Il est développé pour les consultations en matière de violence, de dépendance et pour les victimes et offre :

  • aide pour les conseillers et conseillères afin d’accroître la sécurité des victimes  de violence domestique ;
  • connaissances spécialisées pour les conseillers et conseillères afin de donner aux personnes dépendantes, soient-elles victimes ou responsables de violence domestique, une offre de soutien individualisée ;
  • sécurité et compétence dans la gestion des entretiens et du conseil envers les personnes cherchant conseil étant concernées de différentes manières par une double problématique ;
  • encouragement à la collaboration interdisciplinaire et idées pour créer de nouvelles formes de coopération ;
  • modèles pratiques et adaptables pour le développement d’une ligne directrice institutionnelle pour la gestion de la double problématique « problématique de substance et violence domestique ».

Le manuel est disponible depuis l’automne 2016 auprès de la maison d’édition de la Croix-Bleue.

2.) Formations

+

La Croix-Bleue Suisse offre dès octobre 2015 des formations pour les domaines spécialisés du conseil aux victimes, du conseil en matière de dépendance et du conseil en matière de violence sur le thème de la double problématique « alcool et violence domestique ». Ces formations se basent sur le manuel mentionné ci-dessus et donc sur les valeurs empiriques du Stella Project.

La durée des formations peut être adaptée en fonction des besoins. Les formations internes conduites jusqu’ici ont duré une journée entière et ont été très appréciées.

3.) Fil conducteur pour le développement de lignes directrices institutionnelles

+

Les lignes directrices règlent les processus et procédures à appliquer lorsqu’une personne cherchant conseil est concernée par une des formes de la double problématique. La complexité et les émotions liées à cette thématique conduisent souvent à une pression plus importante pour les conseillers et conseillères. Les règles devraient par conséquent également contenir des manières de générer des ressources.

Validité et définition des objectifs

  • Validité : à quelles institutions et collaborateurs/collaboratrices s’appliquent les règles ?
  • À quel moment les règles entrent-elles en vigueur et à quel intervalle sont-elles contrôlées ? De plus, le contrôle devrait être délégué à un supérieur.
  • Objectifs : quels objectifs doivent être atteints grâce ces règles ?
  • Définition des concepts centraux.
  • Justification de la pertinence grâce aux données empiriques.

Sensibilité et formation des employé-e-s

  • compétence et savoir des employé-e-s : quelles sont les connaissances à avoir au sujet de la double problématique et des aspects juridiques ? Quelles sont les connaissances attendues au niveau des offres de soutien locales ?
  • règle sur les obligations de se former et sur les offres de formation ;
  • règle concernant la responsabilité d’assurer une formation.

Aspects pratiques

  • questionnaire standardisé de la double problématique en tant que partie intégrante de l’anamnèse ;
  • conditions cadres très claires pour les questions portant sur la double problématique, par exemple aucune personne accompagnatrice à ce moment ;
  • réévaluation continue en tant que norme ;
  • contact respectueux et valorisant avec les personnes cherchant conseil ;
  • maintien du conseil malgré la double problématique ;
  • règles concernant la pertinence d’intégrer une tierce partie, laquelle et à quel moment  (par exemple lors de cas critiques, intégration de l’autorité supérieure, lors de menace supposée, l’APEA, etc.) ;
  • règles concernant le soutien dont peuvent bénéficier les conseillers et conseillères et clarification de la nature de ce soutien.

Coopération

  • règles concernant les manières de mettre en réseau et comment les liste pour l’orientation doivent être gérées, éventuellement désignation d’une personne responsable.

Locaux

  • mise à disposition de matériel d’informations ou posters visibles ;
  • tenir compte des besoins des personnes cherchant conseil au sein des locaux.

Employé-e-s concerné-e-s

  • l’institution s’engage, en collaboration avec les employé-e-s, à rechercher des offres de soutien si un/e employé-e est lui-même/elle-même concerné-e par une double problématique ;
  • si un/e employé-e s’avère exercer de la violence, éventuellement élaborer un accord et travailler en collaboration avec le service spécialisé concerné au lieu de recourir au licenciement.

La Croix-Bleue Suisse offre un accompagnement dans le développement de directives institutionnelles en relation avec la double problématique « alcool et violence domestique ». Plus d’informations sont à disposition dans le manuel « Alcool et violence domestique – manuel pour les consultations ».

4.) Travail de sensibilisation

+

La violence domestique, tout comme la problématique de substances, sont des thèmes souvent passés sous silence. Cela a comme conséquence pour les personnes directement concernées, ainsi que pour leur environnement, qu’il est difficile de parler de leurs problèmes ou encore d’obtenir de l’aide. Même au cours d’une procédure de conseil, il peut être difficile d’aborder cette double problématique, tant pour la personne concernée que pour le conseiller/la conseillère.

Un autre objectif du projet est par conséquent de briser ce tabou. Les informations concernant la double problématique doivent être rendues accessibles aux personnes directement concernées, à leur environnement, aux spécialistes et au grand public. Cet objectif est poursuivi en collaboration avec « Fachverband Sucht ». Parlons-en au lieu de nous taire.


J’aide


CONTACT


Croix-Bleue Suisse
Lindenrain 5
3012 Berne
031 300 58 60
info@blaueskreuz.ch





Vous vous trouvez sur le site de la Croix-Bleue Suisse
Si vous cherchez des informations plus détaillées sur nos offres en Suisse romande, nous vous prions de visiter les sites de la Croix-Bleue romande: